Reims  

Un ex futur potentiel député triche au marathon

 
Depuis deux ans, Jean-Marie Bernier fait courir un ami à sa place sur le marathon de Reims à toutes jambes. Plutôt cocasse pour un chirurgien qui voulait devenir député avec l'étiquette UMP.

ON aurait pu avoir un tricheur comme député à la place de Renaud Dutreil. Ou un blagueur récidiviste. Selon le point de vue de chacun.
En octobre dernier, le parti radical avait proposé que le chirurgien orthopédiste Jean-Marie Bernier devienne le candidat de l'UMP aux législatives dont le premier tour aura lieu dimanche.
À l'époque, le PR décrivait son poulain comme « un homme connu, reconnu et apprécié à Reims pour ses qualités humaines et professionnelles ». Bref, un type bien qui, toujours selon le parti radical, aurait mieux convenu qu'Arnaud Robinet. Sauf qu'Arnaud Robinet, lui, ne triche pas au marathon de Reims alors que Jean-Marie Bernier, si.
Cette année et l'année dernière, le chirurgien a bien été inscrit aux 42 km du marathon mais n'a pas couru lui-même toute la course.
Il était présent au départ mais à chaque fois, il a donné sa puce (soit son identification électronique) à un confrère et ami qui a couru à sa place avec les deux puces. Facile. Mais visible. Au classement officiel, Jean-Marie Bernier arrive avec exactement les mêmes temps intermédiaires que ses complices et termine juste avant eux. Exactement comme s'il avait couru à leurs côtés sauf qu'à l'arrivée, autant en 2007 qu'en 2008, il n'est pas là. Il suffit d'observer les temps et de visionner les vidéos du marathon pour le constater.
Ses deux complices ne nient pas la supercherie mais s'efforcent de relativiser : « C'est une sorte de blague de collégien », déclare celui de 2008. « C'est pas sérieux, c'était juste pour s'amuser », ajoute celui de 2007.
« Rien de malveillant »
Soit, mais pour un homme qui, à l'époque où il a triché, était candidat aux municipales avec Renaud Dutreil et l'année suivante candidat à l'investiture pour devenir député, ça la fout mal.
Veut-il montrer qu'à 53 ans, il est au plus haut de sa forme ? Ou est-ce simplement pour le plaisir enfantin de tricher sans se faire prendre ?
« Rien de tout cela et d'ailleurs je n'ai jamais revendiqué avoir fait le marathon. J'ai un gros problème au genou qui m'empêche d'aller jusqu'au bout des 42 km. L'année dernière, j'ai flanché à 16 km et cette année, j'ai fait 21. Dans quelque temps, si on me pose une prothèse, je risque même de ne plus pouvoir courir du tout ».
Pas une raison pour faire courir les copains à sa place et faire croire ainsi qu'on est à l'arrivée. « Il n'y avait rien de malveillant derrière. Ce sont mes amis qui ont voulu prendre ma puce. Je suppose que c'est pour me faire plaisir ou pour m'encourager à prendre le dessus sur mon problème de genoux ».
L'année prochaine, Jean-Marie Bernier aurait tout intérêt à choisir un Kenyan plutôt qu'un autre médecin. Il a toutes les chances d'être dans le peloton de tête.


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